Que faire. Suivre ses désirs ou écouter des coneils probablement un peu commerciaux?
Attention à ne pas brûler les étapes !
Naviguer entre amis, lorsque l’on a acquis de bonnes bases techniques, c’est tentant. Aussi les stagiaires s’envolent-ils parfois vers d’autres rivages, sur d’autres bateaux, avec d’autres groupes, afin de mettre en pratique, en dehors du cadre des Glénans, leurs compétences pour naviguer avec les copains, ou bien comme équipier sur le « bateau des autres ». Mangeurs d’écoute en herbe, ils se sentent à l’aise sur un bateau et ne perçoivent pas toujours la nécessité d’aller au bout du cursus de formation, et pourtant.... Avant de se lancer comme chef de bord ou en famille, il faut prendre le temps de consolider son autonomie. Pour naviguer en toute sécurité, voire pour devenir moniteur, un passage par le niveau 4 voiles s’impose !
On ne s’improvise pas chef de bord sans expérience
L’autonomie ne s’acquiert qu’avec l’expérience et un enseignement adéquat. Aux Glénans, ce sont les stages de niveau 4 voiles, suivis pendant au moins deux semaines, qui permettent d’envisager ultérieurement d’assumer des responsabilités de chef de bord. Jusqu’ici, le stagiaire a appris à naviguer. Il a pris confiance au fil des stages : il sait prendre des décisions lors de situations simples, manœuvrer dans un port, calculer la route... mais entre l’exécution ou la coordination d’une manœuvre dans un cadre défini, et la prise des décisions concernant l’ensemble d’une croisière, il peut exister un gouffre. Un chef de bord, c’est rassurant. Affaler un spi ou modifier le programme de la journée ou le mouillage quand la météo se fait capricieuse, c’est facile pour un stagiaire confirmé, sous la houlette du moniteur. Mais analyser une situation nouvelle pour prendre une décision ? L’impact d’une erreur de choix, par mauvais temps, sur la sécurité de l’équipage et du matériel, l’ambiance à bord, et le souvenir que l’on gardera... s’avère parfois cuisant. Mieux vaut avoir fait ses gammes en niveau 4 voiles pour analyser puis traiter correctement une situation délicate, qu’improviser en découvrant, un peu trop tard, que l’on manque d’assurance et d’expérience. Un même stagiaire peut se sentir autonome par force 3 en baie de Quiberon, mais pas forcément par 25 nœuds de vent dans le raz de Sein ou dans les bouches de Bonifacio.
Passer d’équipier à chef de bord
Le niveau 4 voiles est donc ce tremplin indispensable au grand saut : passer du statut d’équipier confirmé à celui de décisionnaire et étoffer l’expérience, donner du corps à la technique dans des situations diverses et variées. Que l’on décide de poursuivre l’apprentissage dans le cadre d’une école de voile, ou bien de gouverner un bateau avec famille ou amis, ce niveau constitue l’étape indispensable sans laquelle la navigation dite « de plaisance » risque de se voir amputer d’une partie de son nom. Sous la responsabilité de son moniteur, c’est là que le stagiaire apprend véritablement à évoluer en autonomie et à faire face à l’imprévu sans mettre en danger ceux dont il pourrait avoir la charge. Il acquiert des automatismes, consolide les acquis des niveaux précédents, et apprend à maîtriser la logique de l’estime, de la navigation de nuit, de l’organisation du bord. Il analyse la situation et fait des choix (de mouillage, de route...), confronté parfois aux intempéries, s’appuyant sur toute la technique étudiée en niveau 3.
Yann Lenotte, responsable de la formation aux Glénans, rappelle la logique du cursus de formation : « En niveau 3, on apprend la technique poste par poste. Ce sont les stages de niveau 4 qui permettent d’avoir une vision globale de la navigation, par la multiplication des expériences dans toutes les conditions, en navigation côtière, au large, dans une recherche simultanée de performance et de sécurité. On y apprend à concevoir un programme pertinent de croisière au large, rythmé parfois par des navigations de nuit. A tour de rôle, chaque stagiaire devient chef de bord le temps d’une étape, cadré bien sûr par le moniteur».
Les stages « Déferlante intensif », par exemple, ou bien les stages vers l’Irlande, l’Islande, les îlesEoliennes, les Baléares ou la Tunisie, proposent de longues étapes qui permettent d’affronter des situations variées.
Et après ?
Le stagiaire qui est allé au bout du cursus de formation aux Glénans peut renforcer son expérience en poursuivant sur des stages de niveau 4 voiles tant les destinations proposées sont diverses, mais aussi partir naviguer de façonautonome, ou encore choisir de devenir moniteur aux Glénans. Clémence, qui vient de fêter ses 21 ans, a fait ce choix. Elle a découvert les stages des Glénans il y a cinq ans. Elle pratiquait déjà avec passion la voile légère depuis son enfance, mais elle a véritablement progressé en multipliant les formations de tous niveaux, avec un rythme très intensif. « C’est en niveau 4 voiles que l’on commence véritablement
à prendre des décisions », confirme-t-elle. « On acquiert une bonne autonomie, préalable indispensable à l’enseignement de la voile, et on renforce également ses compétences techniques. De plus, on y côtoie des habitués, pour qui la logistique et l’intendance s’organisent très rapidement, ce qui permet de naviguer davantage :aucune perte de temps au départ ! Tous les aspects sont révisés, de la sécurité au choix de route en fonction de la météo... ». Disposant ainsi des meilleurs atouts, rassemblés au fil des stages, elle prépare actuellement son monitorat, prête à transmettre son expérience et sa passion.
La mer est exigeante... mais source de tant de plaisir à partager lorsqu’on a pris la peine de se former dans les règles de l’art ! Alors pensez-y : après le niveau 3 voiles, il y a... le niveau 4 voiles !
[Le courrier des Glénans n°75 de mars 2009]
Attention à ne pas brûler les étapes !
Naviguer entre amis, lorsque l’on a acquis de bonnes bases techniques, c’est tentant. Aussi les stagiaires s’envolent-ils parfois vers d’autres rivages, sur d’autres bateaux, avec d’autres groupes, afin de mettre en pratique, en dehors du cadre des Glénans, leurs compétences pour naviguer avec les copains, ou bien comme équipier sur le « bateau des autres ». Mangeurs d’écoute en herbe, ils se sentent à l’aise sur un bateau et ne perçoivent pas toujours la nécessité d’aller au bout du cursus de formation, et pourtant.... Avant de se lancer comme chef de bord ou en famille, il faut prendre le temps de consolider son autonomie. Pour naviguer en toute sécurité, voire pour devenir moniteur, un passage par le niveau 4 voiles s’impose !
On ne s’improvise pas chef de bord sans expérience
L’autonomie ne s’acquiert qu’avec l’expérience et un enseignement adéquat. Aux Glénans, ce sont les stages de niveau 4 voiles, suivis pendant au moins deux semaines, qui permettent d’envisager ultérieurement d’assumer des responsabilités de chef de bord. Jusqu’ici, le stagiaire a appris à naviguer. Il a pris confiance au fil des stages : il sait prendre des décisions lors de situations simples, manœuvrer dans un port, calculer la route... mais entre l’exécution ou la coordination d’une manœuvre dans un cadre défini, et la prise des décisions concernant l’ensemble d’une croisière, il peut exister un gouffre. Un chef de bord, c’est rassurant. Affaler un spi ou modifier le programme de la journée ou le mouillage quand la météo se fait capricieuse, c’est facile pour un stagiaire confirmé, sous la houlette du moniteur. Mais analyser une situation nouvelle pour prendre une décision ? L’impact d’une erreur de choix, par mauvais temps, sur la sécurité de l’équipage et du matériel, l’ambiance à bord, et le souvenir que l’on gardera... s’avère parfois cuisant. Mieux vaut avoir fait ses gammes en niveau 4 voiles pour analyser puis traiter correctement une situation délicate, qu’improviser en découvrant, un peu trop tard, que l’on manque d’assurance et d’expérience. Un même stagiaire peut se sentir autonome par force 3 en baie de Quiberon, mais pas forcément par 25 nœuds de vent dans le raz de Sein ou dans les bouches de Bonifacio.
Passer d’équipier à chef de bord
Le niveau 4 voiles est donc ce tremplin indispensable au grand saut : passer du statut d’équipier confirmé à celui de décisionnaire et étoffer l’expérience, donner du corps à la technique dans des situations diverses et variées. Que l’on décide de poursuivre l’apprentissage dans le cadre d’une école de voile, ou bien de gouverner un bateau avec famille ou amis, ce niveau constitue l’étape indispensable sans laquelle la navigation dite « de plaisance » risque de se voir amputer d’une partie de son nom. Sous la responsabilité de son moniteur, c’est là que le stagiaire apprend véritablement à évoluer en autonomie et à faire face à l’imprévu sans mettre en danger ceux dont il pourrait avoir la charge. Il acquiert des automatismes, consolide les acquis des niveaux précédents, et apprend à maîtriser la logique de l’estime, de la navigation de nuit, de l’organisation du bord. Il analyse la situation et fait des choix (de mouillage, de route...), confronté parfois aux intempéries, s’appuyant sur toute la technique étudiée en niveau 3.
Yann Lenotte, responsable de la formation aux Glénans, rappelle la logique du cursus de formation : « En niveau 3, on apprend la technique poste par poste. Ce sont les stages de niveau 4 qui permettent d’avoir une vision globale de la navigation, par la multiplication des expériences dans toutes les conditions, en navigation côtière, au large, dans une recherche simultanée de performance et de sécurité. On y apprend à concevoir un programme pertinent de croisière au large, rythmé parfois par des navigations de nuit. A tour de rôle, chaque stagiaire devient chef de bord le temps d’une étape, cadré bien sûr par le moniteur».
Les stages « Déferlante intensif », par exemple, ou bien les stages vers l’Irlande, l’Islande, les îlesEoliennes, les Baléares ou la Tunisie, proposent de longues étapes qui permettent d’affronter des situations variées.
Et après ?
Le stagiaire qui est allé au bout du cursus de formation aux Glénans peut renforcer son expérience en poursuivant sur des stages de niveau 4 voiles tant les destinations proposées sont diverses, mais aussi partir naviguer de façonautonome, ou encore choisir de devenir moniteur aux Glénans. Clémence, qui vient de fêter ses 21 ans, a fait ce choix. Elle a découvert les stages des Glénans il y a cinq ans. Elle pratiquait déjà avec passion la voile légère depuis son enfance, mais elle a véritablement progressé en multipliant les formations de tous niveaux, avec un rythme très intensif. « C’est en niveau 4 voiles que l’on commence véritablement
à prendre des décisions », confirme-t-elle. « On acquiert une bonne autonomie, préalable indispensable à l’enseignement de la voile, et on renforce également ses compétences techniques. De plus, on y côtoie des habitués, pour qui la logistique et l’intendance s’organisent très rapidement, ce qui permet de naviguer davantage :aucune perte de temps au départ ! Tous les aspects sont révisés, de la sécurité au choix de route en fonction de la météo... ». Disposant ainsi des meilleurs atouts, rassemblés au fil des stages, elle prépare actuellement son monitorat, prête à transmettre son expérience et sa passion.
La mer est exigeante... mais source de tant de plaisir à partager lorsqu’on a pris la peine de se former dans les règles de l’art ! Alors pensez-y : après le niveau 3 voiles, il y a... le niveau 4 voiles !
[Le courrier des Glénans n°75 de mars 2009]
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